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La Gestion territoriale des emplois et des compétences

Jean Maillet, chef du service mutations économiques, direction régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle
Si les acteurs du Lézignanais sont à Montpellier pour travailler ensemble et en réseau, c'est bien, on a gagné. Parlons en de cette GPEC au niveau des territoires. Céline Gimenez, vous en attendez quoi ? Vous avez, si j'ai bien compris, engagé deux types d'action de GPEC que vous allez nous expliquer dont une, que j'espère originale de sensibilisation systématique de toutes les entreprises.
Céline Jimenez, chargée de mission, Pays Pyrénées Méditerranée
Donc, pour revenir au pourquoi de la démarche de GPEC sur le Pays Pyrénées Méditerranée. Dans le cadre de l'appel à projet, Emploi et Territoires du Fonds Social Européen, on a mené une phase de diagnostic et notamment une enquête de terrain auprès de 64 entreprises sur des secteurs représentatifs du territoire pour identifier les problématiques emploi-formation-compétences. Les personnes interrogées appartenaient à différents secteurs : agricole, artisanat, commerce et industrie. Cette action nous a permis d'avoir des éléments d'information pour mettre en place un plan d'action.
Juste pour dresser un petit portrait du territoire. Qu'est-ce qu'on a rencontré ? Bien entendu ce n'est pas une nouveauté… Une pénurie de main d'œuvre sur certains secteurs, le problème de l'éloignement géographique, de la saisonnalité, l'isolement des chefs d'entreprise, une organisation centrée autour de l'opérationnel et la production, on a également observé une pyramide des âges alertante, un niveau de qualification faible…Aujourd'hui, dans certaines entreprises, on sait qu'il y a peu de définition des postes… Or, aujourd'hui on se trouve confronté à des mutations économiques qui font que les entreprises ont l'obligation d'anticiper sur les emplois et les compétences de demain. Donc, il y a un intérêt particulier à s'engager activement dans une démarche de GPEC territoriale mais d'ailleurs, qu'est-ce qu'on entend par GPEC territoriale ? C'est qu'à un moment donné, face à ces mutations économiques, il est plus facile que les acteurs locaux mutualisent leurs moyens, aient une vision prospective à la fois du territoire et des besoins dans leurs entreprises et que l'on puisse mener des actions collectives pour trouver des solutions pour le territoire et pour nos entreprises en vue d'une performance économique et sociale. C'est ce que l'on peut entendre par GPEC Territoriale.
L'atout que l'on y voit, c'est est à la fois un atout pour les petites entreprises qui n'ont pas souvent le moyen de sortir de leur première vision opérationnelle et à la fois de servir des problématiques collectives d'emplois que vivent aujourd'hui les acteurs économiques du territoires. L'objectif et l'intérêt c'est d'avoir une vision partagée de ce projet, c'est-à-dire basée sur le dialogue social. Un projet partagé fait qu'il peut être durable et constructif.
Je vais parler de la première action : la convention de sensibilisation et je parlerai de l'autre action ensuite. Le pays Pyrénées-Méditerranée a sollicité la DDTEFP des Pyrénées Orientales pour mettre en oeuvre une convention de sensibilisation afin de développer sur le territoire du pays Pyrénées Méditerranée une information systématique auprès des acteurs économiques locaux pour les sensibiliser aux enjeux de la GPEC. Quand je dis acteurs économiques, c'est qu'effectivement on souhaite toucher toutes les entreprises du territoire plus les associations qui emploient. Parce que c'est aussi un secteur, qu'il va falloir sensibiliser, qu'il va falloir professionnaliser et qui génère bon nombre d'emplois sur nos territoires ruraux.
Le plan d'action que l'on a arrêté et validé en comité de pilotage en présence des partenaires sociaux est le suivant : c'est d'une part d'envoyer un courrier aux responsables des structures pour leur faire part de la démarche et les inviter à participer à des réunions d'information. Ce courrier est accompagné d'un questionnaire qui leur permet de se positionner par rapport à l'état d'avancement en matière de RH. C'est un questionnaire composé de 15/20 questions auquel on répond très simplement parce qu'on connaît les difficultés et le temps que le chef d'entreprise ont devant eux pour remplir ce type de document.
Jean Maillet
Stop, vous avez oublié la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences expliquée aux salariés et aux patrons de la boucherie Sanzot…
Céline Jimenez
Nous avons également couplé à cet envoi, un document de sensibilisation réalisé par l'ARACT Languedoc-Roussillon, qui vulgarise la démarche de GPEC. Nous l'avons constaté, la vulgarisation est une priorité, lorsqu'on fait des enquêtes de terrain, la GPEC ne parle pas souvent. On parle plus facilement de savoir-faire, d'habileté, on identifie des besoins. Donc, l'intérêt, c'est d'avoir un document qui est un encrage territorial avec un vocabulaire simple, adapté, court… qui facilitera la lecture et l'adhésion du dirigeant. Donc, la démarche c'est un courrier d'invitation, un questionnaire, un document de sensibilisation et des réunions d'information territoriales. Ces réunions auront lieu sur des périmètres de proximité. On a fait le choix de positionner des réunions par micro-territoire pour être au plus près des publics ciblés.
Ce programme est entrain de se construire, on se rencontre régulièrement en comités techniques et comités de pilotage pour travailler avec les partenaires sociaux sur le plan d'action et les outils. Ces réunions ont pour objectif d'expliquer concrètement l'enjeu de la GPEC, de répondre à des questionnements éventuels mais aussi de prendre contact avec les entreprises qui souhaiteraient s'impliquer dans une démarche compétence et là encore, nous travaillons avec les partenaires pour préparer cette phase d'accompagnement. Pour parler du dialogue social, ce qui est intéressant dans ce programme, c'est qu'aujourd'hui dans notre comité de pilotage, on travaille ensemble sur le projet et qu'on sollicite des partenaires sociaux pour relayer l'information auprès des chefs d'entreprise et des salariés parce qu'on souhaiterait voir présents à ces réunions des chefs d'entreprise mais également des salariés parce qu'eux-mêmes sont concernés par la démarche et que parfois ils n'ont pas l'information.
Nous avons également une deuxième action en cours en faveur des ressources humaines. Pour revenir un peu en arrière, on a réalisé un diagnostic de territoire sur la problématique RH. Suite aux résultats d'enquête, les chambres consulaires ont travaillé ensemble de manière collégiale pour élaborer et mettre en oeuvre un programme de formation que l'on a intitulé AGIR (Animer Gérer Intégrer et Recruter). Ce programme permet de répondre aux premiers besoins d'une entreprise en matière de RH. Il se compose de 4 modules : un module de sensibilisation aux RH puis 3 modules techniques : définir et organiser les postes, recruter le personnel le plus compétent, animer et mobiliser une équipe. Car, si on n'a pas identifié des compétences pour un poste, il est difficile de recruter la personne apte et du coup de pouvoir la garder. Tout ce qui est lié au management d'équipe est aussi très important pour motiver et fidéliser le personnel.
C'est un programme de formation intéressant, pourquoi ? Parce que le contenu des modules est issu des résultats de l'enquête et que les modules sont dispensés sur le territoire. La valeur ajoutée de ce parcours, c'est l'accompagnement, parce qu'on en a déjà parlé un peu ce matin dans la cadre des GE, il ne s'agit plus aujourd'hui de mettre en place des actions, il faut mettre en place un accompagnement derrière car lorsqu'on retourne dans les entreprises, même si on a assisté à des modules de formation, on peut avoir des difficultés à appliquer les outils. L'atout de ce programme c'est de mettre à la disposition des entreprises un consultant qui interviendra, sur leur demande, pour les aider à mettre en pratique les outils en interne.
Pourquoi ces deux approches sont complémentaires ? On pourrait penser que ces approches sont concurrentes. Non, elles sont complémentaires parce que d'une part le programme AGIR c'est un peu expérimental, il touche aujourd'hui qu'un nombre limité d'entreprises. Ce sont essentiellement les entreprises qui ont fait l'objet du diagnostic et qui ont vu qu'il y avait vraiment une valeur ajoutée à rentrer dans un dispositif, soit qui ont entendu parler du programme et qui s'inscrivent.
Autre élément important sur le programme AGIR et sur la convention de sensibilisation, c'est l'intérêt d'avoir un public multisectoriel. Aujourd'hui, lorsque les chefs d'entreprises parlent RH, ils rencontrent souvent les mêmes problématiques. Bien évidemment, il y a des spécificités, mais que l'on soit agriculteur, artisan, ou industriel, on est confronté à desproblématiques qui se rejoignent et nous croyons qu'il y a vraiment une valeur ajoutée à faire se rencontrer ces publics pour partager des expériences et avoir des solutions les plus exhaustives possibles pour le territoire.
Jean Maillet
Alors avant de donner la parole à Xavier Guerrero, pour l'ARACT, peut-être que j'interrogerai volontiers Magali Roussel, secrétaire régionale d'UNIFAF. Je crois que ce matin il était là, je ne le vois pas cet après-midi, il y avait le GRETA du Vallespir. Mais bon, il y a Marie-Hélène Izarn qui pourra en dire un mot. Céline Jimenez parlait de l'intérêt d'une action territoriale multisectorielle. Sur le même territoire dans le sud des P.O., UNIFAF avec le GRETA Vallespir mènent une action de GPEC, enfin de sensibilisation aux formations un peu GPEC, mais elles plutôt tournées sur le secteur d'activité d'UNIFAF, c'est-à-dire le médico-social et le sanitaire. Non, peut-être en dire un mot ? En particulier del'action d'animation formation réalisée par le GRETA du Vallespir.
Magali Roussel, secrétaire générale UNIFAF Languedoc-Roussillon
C'est d'autant plus amusant ce que tu viens de dire que j'étais en train d'interpeller ma collègue de l'AGEFOS qui est juste derrière moi, qui est dans l'INTER-PRO, et j'étais en train de lui dire que dans notre secteur sanitaire et social (et ça permet de reconnecter avec en même temps ce qui était dit ce matin), 30% des salariés relèvent de métiers transverses, c'est-à-dire ouvriers du bâtiment, lingères, cuisiniers, etc… sur un secteur d'activité qui a de grosses difficultés de budget, qui est obligé de faire face avec des métiers qui ont besoin de professionnalisation aujourd'hui, un secteur où il faut arriver à faire des économies d'échelle.
De ce fait, la question du groupement d'employeurs est complètement à l'ordre du jour dans notre secteur. C'est-à-dire qu'effectivement nos établissements sont en train de réfléchir à la mutualisation d'un certain nombre de métiers pour pouvoir partager la compétence… On n'est pas sur des phénomènes de saisonnalité, on est bien sur des phénomènes de partage de temps de travail, et j'étais en train d'interpeller l'INTER-PRO, pour dire que, justement, nous sommes bien sur des métiers transverses, ce qui signifiequ'il y a des choses à faire, à penser, à imaginer à l'échelle du territoire pour décloisonner la question des secteurs d'activités et arriver à rentrer dans des actions expérimentales qui permettraient de réaliser cette économie d'échelle sur la question des métiers transverses.
Jean Maillet
Mais ce n'était pas sur les GE que je t'interrogeais Magali, c'était plutôt sur la GPEC.
Magali Roussel
Oui, mais tu m'as interpellée au moment où nous prolongions la conversation précédente. On en profite pour établir des contacts, c'est aussi ça l'objet et l'esprit de ces Rencontres….
Sur la question de la GPEC, les adhérents d'UNIFAF ont mis en place une action expérimentale sur le département de l'Aude, en lien avec l'ARACT qui pilote l'action,consistant, dans un premier temps, à faire un diagnostic dans les établissements, à leur faire partager l'expérience. Ce n'est pas encore tout à fait la question que tu es en train de te poser.
Je vais plutôt passer la parole à Marie-Hélène Izarn, c'est beaucoup plus l'affaire du Greta.
Marie Hélène Izarn
Je parle au nom de Jean-René Cazals, CFC au GRETA de Vallespir Côte Vermeille à Céret, qui malheureusement est parti cet après-midi et qui a initié des démarches de formation autour de la qualité dans les maisons de retraite. Et ce sont ces démarches de formation action, au niveau des maisons de retraite, qui ont initié une GPEC. Donc c'est un peu le schéma inverse. Et ce qui est intéressant c'est que cela a permis de sensibiliser des établissements très variés. C'est parti des maisons de retraites, qui se sont créées en association de directeurs pour se rencontrer et réfléchir ensemble aux différentes problématiques qui se posent à ces établissements pour s'élargir àdes structures telles que des IME, des structures d'aides à domicile et des SSESAD.
Le premier travail d'analyse de ces établissements a permis de pointer des éléments clé autour de la pyramide des âges, autour de la professionnalisation, autour de la qualification et autour des conditions de travail et là, on rentre dans une deuxième phase qui va mobiliser vraiment des acteurs très différents, qui peuvent amener des réponses complémentaires, parce que l'objectif de se mettre autour d'une table, c'est d'avoir une vision partagée avec des regards croisés, un peu pluralistes, qui permettent de répondre à des problématiques dont la solution n'est pas que la formation, ni que la qualification.
Je voudrais revenir sur une problématique qui a été exposée ce matin et sur laquelle il n'y a pas eu de réponse. A un moment donné on a dit « oui qualifié, diplômé, c'est bien » mais ce n'est pas sans conséquence sur la masse salariale. Aujourd'hui mettre autour d'une table des financeurs, des conseillers généraux et des employeurs permet aussi d'avoir une analyse sur ces problématiques plus larges que la compétence, comme les conditions de travail, la sécurisation des parcours et la promotion sociale des individus. Je crois que la GPEC est aussi une occasion de travailler à plusieurs avec des points de vue différents et des complémentarités d'actions.
Je voudrais parler aussi d'une autre action dans laquelle j'ai été impliquée il y a quelques temps grâce au programme EQUAL, financé par le fonds social européen, ces programmes permettent aussi de mettre autour de la table des acteurs différents et des organismes de formations qui savent coopérer. Cette action a permis de mettre autour de la table deux communes, Loupian et Montbazin, trois organismes de formation, un SIVAM, et a permis de générer une dynamique territoriale autour de besoins qui ont été développés à partir d'une dynamique locale. Nous tenons à votre disposition un Cdrom méthodologique et d'expérimentation sur cette question là, qui permet de générer ensuite des offres de formation territorialisées.
Jean Maillet
Ce témoignage prépare la dernière partie du débat, que nous aurons dans quelques instants : le rôle des organismes de formation. On voit bien là le GRETA engagé, embarqué, avec les acteurs du territoire.
Xavier Guerrero, parlons de la GPEC, de la GPEC Territoriale ou de la gestion territoriale des emplois et des compétences…. Qu'est-ce qu'on va pouvoir en faire ? Est-ce que c'est quelque chose sur quoi on va pouvoir avancer ? On sait faire dans les entreprises, on sait faire dans les branches, est-ce qu'on commence à avoir des idées sur ce qu'on va faire dans les territoires ?
Xavier Guerrero, ARACT
On en est au début. J'aimerais rebondir sur ce qu'a dit Monsieur Ballester et que je trouve très intéressant. Outre l'outil GPEC, je crois que l'enjeu c'est le collectif. Ca ne mange pas de pain de le dire, mais Monsieur Ballester témoigne très bien quand il montre l'importance du collectif, il dit qu'il y a une solidarité, il dit qu'il peut presque prendre la décision à la place de l'autre, il dit même qu'il sera, ou qu'ils seront vigilants sur qui on a intégré dans ce collectif là pour garder ses valeurs etc.
Et ce que Monsieur Ballester dit souvent, parce que je l'ai déjà entendu témoigner dans d'autres forums, il dit que le collectif, cela permet d'aller plus vite.
Donc, je crois que l'enjeu de la GPEC Territoriale, ç'est aussi ce qu'a dit Marie-Hélène Izarn, c'est de créer un acteur collectif ou en tout cas de le renforcer, et c'est un acteur collectifcoordonné par le Pays. Ce n'est pas évident parce qu'il faut arriver à trouver des intérêts individuels, des intérêts collectifs, avec des acteurs différents, parce que là on a un collectif de chefs d'entreprises, là il faut qu'on arrive à marier des acteurs institutionnels, mettre autour d'une table des partenaires sociaux, et puis arriver à trouver des enjeux collectifs pour que les personnes soient inventives.
Il y a des ressources sur le territoire, on peut trouver des choses très intelligentes à faire. L'enjeu c'est que les gens arrivent à collaborer et à coopérer. Pour conduire une GPEC Territoriale, il faut arriver à créer des lieux où les gens peuvent se concerter, leur amener des informations qui sont utiles pour construire des outils.
Et je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Marie-Hélène, il faut travailler sur les représentations,parce qu'on s'aperçoit que, quand on met des gens autour d'une table autour de la GPEC, il y en a des représentations très diverses. Il faut d'abord se mettre d'accord sur ces termes là, se donner des habitudes de travail, c'est important pour aller plus vite et ensuite, je crois que c'est la seule chose que je rajouterai, il faut arriver à tracer des lignes d'action qui vont être co-construites, parce que, comme je le disais, il y a des ressources sur les territoires, il y a des projets qui existent, il faut arriver à trouver des compromis, à les marier et puis à co-construire des outils, à croiser des projets qui existent, et à faire émerger des actions collectives.
Si je devais rajouter quelque chose sur la GPEC territoriale, je crois que l'enjeu fort, outre le fait de donner une réponse sur le terrain c'est de faire simple, c'est important à la première réunion sur la GPEC, les participants étaient un peu effrayés, en disant que la GPEC c'est pour les grands groupes, les industries, etc… C'est vrai, mais on peut faire très simple derrière, on en a encore la preuve avec les témoignages d'entreprises que vous pouvez voir dans le document qui vous a été distribué, on peut faire des choses très simples et très efficaces dans les petites entreprises.
Jean Maillet
Les Rencontres de l'Entreprise et du Système de formation, sont l'occasion de revenir sur un certain nombre de problématiques au travail, on l'a vu là dans les territoires et voir comment aujourd'hui, les organismes de formation répondent, l'exemple évoqué tout à l'heure par Marie-Hélène Izarn est une réponse, mais on a vu que les CFPPA étaient aussi très présents. Est-ce qu'il y a des commentaires, est-ce que ça suscite des idées, du débat ? Qu'est-ce que vous attendez au fond de tout ça ?
Robert LEFORT, fédération de la formation professionnelle
Oui, c'est bien en termes de responsable d'une fédération que je m'exprime, la Fédération de la Formation Professionnelle, donc d'organismes de formation privés, une fédération d'employeurs dans un secteur où le groupement d'employeurs est un champ d'exploration,je dirais, d'actualité, mais qui n'est pas facile à mettre en œuvre pour plein de raisons, même si les organismes de formation sont des organismes qui savent coopérer. Mais de là à bâtir un groupement d'employeurs… ce serait un cas d'école intéressant, sur lequel d'ailleurs nous travaillons, et je travaille en particulier je l'avais évoqué à certaines réunions.
Le problème que nous avons, nous les organismes de formation dans les territoires, et là je peux parler pour la fédération et en ce qui concerne aussi l'organisme de formation Fondespierre Ressources Humaines que j'anime aussi par ailleurs, c'est d'arriver à nous situer, car soit on initie une commande, soit on est partenaire de projet, soit on répond à une commande. Et ça c'est quelque chose qu'il faut régler parce que, pour des partenaires anciens, pour des organismes qui savent coopérer, ça veut dire qu'on fait partie du paysage mais on ne sait pas quelle place nous donner, et nous ne savons pas quelle place nous avons. Sommes-nous des partenaires ? Sommes-nous des associés ? On se fait financer ? On amène du financement, ce qui est le cas avec le programme EQUAL ? Nous avons vraiment un problème de positionnement dans les projets locaux. Je finirai là-dessus.
La formation des salariés, on en parlait tout à l'heure avec la GPEC, je suis tout à fait partie prenante de ce qui a été indiqué, c'est vrai, c'est le moteur en ce moment, il faut sensibiliser les petites entreprises qui sont sans réseau, qui sont isolées, proposer la formation des tuteurs, etc… d'ailleurs les OPCA lancent des appels d'offre très ciblés là-dessus. Hier, j'étais en Commission Locale d'Insertion d'un territoire bien connu, le pays Vidourle Camargue. A peu près 20% de bénéficiaires du RMI de ce territoire accèdent à la formation, quelle qu'elle soit. Même si on peut discuter de ce que peut être l'offre de formation, j'aimerais que dans les entreprises ont ait le même taux d'accès à la formation, ce qui n'est pas le cas. Ce qui veut dire qu'en effet, pour nous, en tant qu'organisme de formation, l'important c'est qu'aussi il y ait cette information, claire, simple, sur des dispositifs pas faciles etc…Et là, il y a à travailler ensemble pour développer une pédagogie de l'information, faire de l'information collective et derrière, proposer de l'accompagnement et du consulting. Voilà, les organismes de formation sont prêts, et la fédération de la formation professionnelle est prête, on a signé des conventions d'engagement avec différents OPCA, OPCAREG et AGEFOS principalement au niveau national, qu'on a déclinées en régional. Si on prend l'exemple des maisons de l'emploi, pour l'instant c'est un des derniers dispositifs en vogue, si des organismes de formation y sont présents, ça veut dire qu'ils sont déjà sur ces territoires depuis longtemps. Seulement il reste à transformer l'essai pour que justement il y ait un travail d'approche global en agissant en local, c'est le maître mot du développement.
Jean Maillet
Autre commentaire, Didier Jedliczka, du CARIF.
Didier Jedliczka
S'agissant du groupement d'employeurs dans le monde de la formation, un certain nombre de pistes sont en train de se faire jour, et je voudrais signaler qu'un syndicat régional d'organisme de formation, s'il ne s'est pas constitué encore en groupement d'employeurs, commence à faire du partage de ressources, et c'est pour eux une question de survie. C'est-à-dire qu'ils se partagent à la fois des ressources en termes de formateurs mais aussi en termes de potentiel de places de formation. Cela dit, le CARIF est missionné par le Conseil Régional pour mettre en œuvre une démarche Qualité dans le cadre du PRDF, le CARIF est acteur et il se trouve que la piste groupement d'employeurs est une piste qui a émergé fortement des trois réunions dans le cadre du montage du PRDF, à suivre. Plus généralement, les groupements d'employeurs c'est aussi du gagnant/gagnant en termes de compétences. Si je suis responsable de formation pour trois ou quatre entreprises, les situations professionnelles de ces entreprises sont différentes, et ça élargit mon champ de compétences, puisque c'est bien la situation de travail qui permet aussi l'émergence de compétences.
Geneviève Fabre, DRAF
Je voudrais dire que je suis parfois heurtée par quelques mots que j'entends. Par exemple lorsqu'on parle de développement territorial qui nécessite une formation. Dit comme ça, ça me gêne énormément. Je pense que je suis d'accord sur le fond, mais néanmoins, je crois qu'on a à réfléchir sur la place, sur le positionnement d'une réponse formation en général, parce que la réponse formation sert d'abord la personne, elle est au service du besoin des personnes, soit par rapport à un besoin en emploi, soit par rapport à une professionnalisation dans un poste, mais elle est en réponse à des besoins. Elle peut aussi être une réponse à un processus plus complexe qui est celui de projets territoriaux mais dans lesquels la personne reste au centre de la formation.
Et effectivement la formation c'est, comme cela a été dit pour le groupement d'employeurs, un outil. Pour moi, c'est un outil en réponse à, un dispositif en réponse à, elle ne doit pas se substituer au développement, encore qu'il y a des expériences et j'en parlerai qui prouvent le contraire, mais au départ, elle doit correspondre à un accompagnement d'un processus dans lequel s'engagent les personnes et pour lequel elles ont besoin d'accompagnement.
Et c'est pour ça que ce qui m'a un peu gênée dans ce qui a été présenté, c'est qu'à un moment donné, je n'ai pas vu le lien entre le dispositif de formation mis en place et le projet de développement parce que certes, la formation a appuyé à un moment donné le projet, on connaît bien les effets d'un processus de formation, mais je n'ai pas vu ce lien, comment ça se construit, comment lorsqu'un processus de développement démarre par l'émergence d'un projet et qui continue par la réalisation de ce projet, comment intervient la formation, à quel stade, et quel est le dispositif le plus approprié pour accompagner ces différentes phases de développement. Si on a des réponses formation au niveau territorial, on ne mettra pas les mêmes modalités de formation dans la phase d'émergence ou dans la phase de réalisation. Il me semble que là, tous ensemble, j'en parlais encore avec le directeur du CARIF tout à l'heure, on est encore un peu tout neuf, même si plein de choses se sont faites depuis longtemps pour concevoir ces dispositifs qui sont les plus appropriés entre l'accompagnement d'un projet collectif et également l'accompagnement de l'individu.
On a l'individualisation, on a la VAE, on a la formation au service d'un projet, qu'auparavant on appelait formation/développement, on a tous ces dispositifs, mais il me semble qu'il y a un travail à faire ensemble pour aller bien plus loin, parce que je crois qu'on a besoin, vu la complexité, de réfléchir en permanence à ce que l'on fait.
Jean Maillet
Merci Geneviève, ce que tu viens de dire peut être replacé par Céline Jimenez en quelques mots. La démarche telle que l'a exposée Céline, qui aboutit au projet AGIR, il faut la replacer dans une histoire, remonter quasiment aux fondements du pays, aux fondements de l'opération Emploi et Territoire, du diagnostic partagé qui a été construit… Céline, peut-être trois mots d'explication ?
Céline Jimenez
Déjà, ce qui est important, c'est l'initiative menée au niveau du territoire. J'ajoute que l'action de formation s'inscrit vraiment dans un projet de développement local du territoire, parce qu'il y a eu des antécédents à cette action là. De plus, derrière ces actions que l'on mène au niveau du programme AGIR, au niveau de la convention de sensibilisation, il faut préciser que, derrière, on ne va pas laisser les entreprises sans réponse, on va conduire des actions, individuelles et collectives, c'est je crois ce qu'il y a d'intéressant puisqu'on rattache aux formations un projet de développement. Aujourd'hui, on constate que le métier d'animateur territorial sur l'emploi formation peut évoluer… c'est-à-dire qu'on ne va plus se contenter de mener des actions mais être bien des relais pour les entreprises locales. Donc, ce serait intéressant que l'ARACT nous accompagne… Enfin, le Pays a la maîtrise d'ouvrage de la convention sensibilisation, mais l'ARACT vient en appui. Et aujourd'hui l'ARACT a des compétences qui pourraient être transférables au pays pour qu'on puisse, nous, à un moment donné, être un relais sur le terrain auprès de nos entreprises pour que ça ne reste plus qu'une action ponctuelle, qu'une action de formation, qu'on rattache vraiment nos compétences d'animateurs à des compétences économiques beaucoup plus larges. Et c'est là que je pense qu'il y a une pertinence sur les actions que l'on mène.
Jean Maillet
Alors, demain vous serez la DRH du territoire, Céline ?
Céline Jimenez
Non, je ne dis pas ça. Je dis que nous allons organiser ces réunions sur le territoire, auxquelles nous souhaitons avoir la présence des chefs d'entreprises et des salariés, et nous allons essayer de rencontrer celles qui voudront être partie prenante de ce projet pour voir avec elles si la GPEC correspond bien à leurs attentes. A un moment donné, cette rencontre, cette analyse du besoin que l'on va devoir faire et ce suivi post-réunion,on va devoir savoir qui va le faire. Et c'est vrai que là, il y a peut-être des transferts et des évolutions de métiers, parce que quand on pense GPEC sur les métiers, il y a aussi à prévoir l'évolution des emplois et des compétences de demain pour le métier d'animateur territorial sur le volet emploi-formation.
Jean Maillet
On va travailler cette année avec Dideris sur la GPEC des agents de développement, on vous en dira un peu plus dans quelque temps. Stéphane Michun se prépare… Monsieur Pérez, vous vouliez faire un commentaire ?
Joseph Perez
Oui, juste dire un mot. Peut-être aurait-il été intéressant mais tout le monde le sait, de replacer un peu cette démarche là dans le contexte de l'économie d'aujourd'hui et les conséquences sur les territoires.
On est aujourd'hui sur une économie ouverte, sur une économie qui connait des mouvements cycliques beaucoup plus courts qu'ils ne l'étaient précédemment et on est sur un environnement particulièrement changeant, avec des à-coups brutaux, des délocalisations, des fermetures d'entités, des créations de nouvelles activités, avec des évolutions de besoins de la part de clients, parce qu'au bout il y a aussi des gens qui achètent, des gens qui vendent, il n'y pas seulement des logiques de procédure, il y a aussi une réalité économique. Je crois que la démarche dans laquelle vous êtes entrés est intéressante non seulement pour régler le problème actuel de l'inadéquation entre les besoins des entreprises et les compétences existantes, et on se rend compte qu'il y a des métiers en tension ou des métiers excédentaires, mais surtout, au-delà du règlement du problème actuel, pour préparer les acteurs du territoire, entreprises et salariés à affronter les chocs futurs et dieu sait qu'on en aura, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas… La GPEC est surtout là pour amener tout le monde à réfléchir un tout petit peu en avance. Quelle est l'évolution des métiers, quelles sont les nouvelles activités, quelles sont les activités qui vont disparaître, quels sont les métiers qui vont disparaître et comment faire que sur un territoire donné on puisse anticiper tout cela pour éviter les crises actuelles telles qu'on les connaît, les drames actuels, humains et sociaux tels qu'on les connaît aujourd'hui.
Stéphane Michun
Les expériences conduites en PACA positionnent le groupement d'employeurs (GE) comme un outil au service des entreprises et non pas comme une entreprise en tant que tel. Certes, un certain nombre de règles, par exemple celles liées au dépassement de seuil, doivent évidemment être respectées mais il ressort que, dans cette région, les GE s'imposent comme un outil pour jouer sur des saisonnalités différentes, partager le temps de spécialistes, fidéliser les salariés par exemple dans l'hôtellerie-restauration ou initier un processus d'exportation. Arrêtons-nous un instant sur le cas particulier de la mutualisation de compétences relativement pointues. La présentation d'ACEL, puis celle du GE AGIL 11 démontrent, s'il en était besoin, que ce type de partage ne se décrète et ne se met pas en place dans l'urgence. Il faut au préalable échanger sur ses problèmes, ses bonnes pratiques, ses besoins et, ce faisant, construire un espace de confiance. Il faut laisser le temps au temps.
Revenons en Languedoc-Roussillon. On a un peu le sentiment que le GE y est un objet fantasmé. En tout cas, par rapport au « modèle » de PACA, nous sommes clairement sur des objectifs déviants. Ce n'est pas un jugement de valeur. Nous ne sommes tout simplement pas sur le même registre dans ces deux régions. Ici, le GE ne renvoie pas aussi clairement qu'en PACA à un registre entrepreneurial : en Languedoc-Roussillon, le GE n'est pas présenté prioritairement comme un moyen d'accompagner et d'accélérer la croissance de petites entreprises performantes. Une vision plus volontariste voire interventionniste semble s'imposer dans notre région. Les GE seraient (pourraient être ?) une configuration intermédiaire au service de la politique publique de l'emploi et de la formation. Face à une myriade de très petites entreprises, pourquoi en effet ne pas susciter la création de GE susceptibles d'améliorer la diffusion de la formation continue voire de la GPEC jusque dans les territoires les plus excentrés ?
Concernant enfin la GPEC, il me semble que l'on gagnerait à distinguer plus clairement deux approches : d'une part, les actions d'information et de sensibilisation en faveur de la GPEC classique d'autre part, la volonté affichée par certains acteurs régionaux ou locaux de développer une GPEC territoriale. Dans le premier cas, il faut adapter plus ou moins fortement ce qui se fait dans les entreprises plus grandes ou plus performantes et amener le tissu d'entreprises présent dans nos territoires à s'approprier un certain nombre d'outils de la gestion des ressources humaines. Comment ? En aidant ces entreprises à se positionner, en tissant des réseaux d'échange, en introduisant les formateurs et les consultants dans les très petites entreprises, etc. La GPEC territoriale, c'est tout autre chose et, pour l'instant, cela m'apparaît encore un peu flou. Certes, on voit tout l'intérêt de développer des actions collectives, d'avoir une vision commune et de travailler sur les représentations dans un territoire donné. Mais concrètement comment s'y prendre ? Une GPEC territoriale digne de ce nom ne saurait être une simple accumulation, une collection de GPEC « classiques ». Par ailleurs, comment du territoire revient-on ensuite à l'entreprise et au salarié ? Comment faire pour que ces acteurs essentiels du territoire s'approprient le diagnostic local ainsi établi ? Gageons que les agents du développement local sauront venir à bout de ces difficultés.
Jean Maillet
J'invite Gilles Rousselet de la CFDT, Gilles Razat, du MEDEF et Jean-Louis Mante, Direction Régionale du Travail, à monter à la tribune et je profite de ce va-et-vient pour remercier tous les intervenants. Remercier les territoires avec qui on a bien travaillé, on a été sur le terrain. Remercier aussi Yves Jolis que l'on n'a pas vu beaucoup, mais qui a filmé tous ces événements et qui en a fait une restitution astucieuse, et puis je vous remercie d'avoir été un public à la fois patient et attentif, mais aussi propositionnel.Alors, les partenaires sociaux, le patronat, qu'a la lourde responsabilité de représenter Gilles Razat, les syndicats de salariés que représente Gilles Rousselet pour URI-CFDT, quelle est votre responsabilité à vous dans la promotion de ce dialogue social, les nouvelles formes de dialogue social tel qu'on a pu les voir se mettre en place…
On a parlé ce matin du secteur de l'aide à domicile, de la structuration de ce secteur mais aussi d'outils comme le groupement d'employeurs. En quoi la GPEC territoriale vous intéresse et rejoint les préoccupations qui sont les vôtres et ensuite, Jean-Louis Mante nous dira comment l'Etat voit tout ça.
Gilles Rousselet fonction, CFDT
Je vais commencer d'abord par rappeler que, dans tout ce que nous faisons tous les uns et les autres, l'Europe a sa part. Et comme la France s'est distinguée sur ce point là, il est bon que l'on se dise entre nous que l'Europe ce n'est pas que la directive Bolkestein, c'est aussi les actions que l'on peut mener les uns et les autres…. Ca j'avais envie de le dire…
Sur la question que l'on a traitée ce matin du travail dans les services d'aide à domicile, je voulais faire un parallèle avec ce qui se fait au niveau national. La plupart de la réglementation qui régit les champs fédéraux est issue de négociations nationales. Comment se font ces négociations nationales ? Essentiellement avec différents partenaires dont la plupart sont en général issus des grandes entreprises d'un secteur et après on rame pour voir comment adapter la décision nationale qui va régir un secteur, comment on fait pour l'appliquer aux TPE/PME, parce qu'en général, il y a une petite phrase, il y a des choses qui ne correspondent pas totalement. Or, dans le secteur de l'aide à domicile, on est exactement dans ce cas de figure puisque ce secteur ne connaît pas une structuration faite de grandes entreprises, mais au contraire de petites, et nombreuses, ancrées sur les questions territoriales. Je pense que des travaux comme ceux que l'on vient d'avoir aujourd'hui, au moment où se crée et se structure ce secteur, vont interroger les partenaires sociaux dans leur conception de la négociation et la part qu'ils laissent à la réflexion sur le territoire. On voit aujourd'hui que les négociations nationales aboutissent souvent à des tests où la part de ce qu'on laisse comme travail à faire sur le territoire est en relative augmentation avant tout était verrouillé au niveau national, et au niveau local, on n'avait plus qu'à appliquer. Maintenant, de plus en plus, dans les accords nationaux, on renvoie vers les COPIRE pour régler telle ou telle question régionalement.
Vivre et travailler au Pays, vous avez dit ?… slogan CFDT des années 70, que la CFDT se réjouit d'entendre porté par d'autres, mais que nous avons fait évoluer puisque nous avons gardé vivre et travailler au pays, on a juste rajouté vivre, travailler et décider au pays. Il me semble que les débats que nous avions eus aujourd'hui portaient sur la question de savoir quels sont les modes de décision, comment on fait pour être plus nombreux… l'intervenant de l'ARACT l'a dit, ce qui est intéressant dans les démarches, c'est comment on fait pour, collectivement, d'où, de quelque horizon que l'on soit, syndicat de salariés ou patrons, comment on fait pour avancer ensemble dans l'intérêt d'un territoire, parce qu'on est dans une région où la question de rester vivre sur notre territoire est importante, et c'est d'autant plus difficile pour nous, puisque beaucoup d'accords nationaux évoquent la mobilité des salariés. Dans notre région, la mobilité des salariés se limite souvent aux frontières de la région, pour ne pas dire, quand on est catalan, à la frontière de la Catalogne.
Cette question me permet de rebondir sur les groupements d'employeurs, qui ont été évoqués cet après-midi. La question que l'on pose avec Bertille, quand on parle des groupements d'employeurs, ce n'est pas de savoir s'ils sont bien gérés ou pas bien gérés, même si on en a le souci. C'est qu'aujourd'hui, on a quelque chose d'innovant à travers les groupements d'employeurs, quelque chose d'innovant et de fort intéressant. On se rend compte nous, en tant qu'organisation syndicale et partenaires sociaux, qu'on n'est pas nombreux à venir observer ce qui se passe là, c'est pareil avec les CBE. Les CBE disent toujours mais où sont les partenaires sociaux… les groupements d'employeurs disent mais où sont les organisations patronales et salariales sur ce qu'on essaye d'inventer ?Alors, nous, ça nous paraît d'autant plus important parce qu'il faut sûrement étudier ce qui s'y fait, il faut suivre ce qui s'y fait, il faut accompagner. Il faut aussi surveiller. On a un exemple concret à Sète avec un GE de dockers, qui a largement oublié toutes les valeurs qu'il avait dû avoir au début, et qui était devenu un fourre-tout et un moyen d'échanger des salariés à payer pas trop cher. C'est le mauvais exemple… on reste persuadé à la CFDT, comme la plupart des partenaires sociaux, qu'il y a à travailler sur les groupements d'employeurs, à la condition bien entendu, et c'est ce que voulait dire à mon avis Bertille, à la condition que tout le monde soit associé.
Et donc, quand on crée un groupement d'employeurs, on crée du dialogue social s'il y a des organisations syndicales, mais s'il n'y en a pas, au moins on y associe les salariés. C'est d'autant plus important que si l'on regarde ce qui va arriver dans l'avenir, les partenaires sociaux mettent aujourd'hui sur la table, que ce soit demain avec Ségolène ou avec Nicolas, mais c'est sûr avec Laurence Parisot, ils mettent sur la table le contrat de travail. Des négociations débutent sur l'évolution du contrat de travail….L'évolution du contrat de travail ramenée au groupement d'employeurs, moi ça m'intéresse de faire attention à ce que feront les groupements d'employeurs dans cette affaire là. Et ils mettent sur la table aussi la question de la sécurisation des parcours professionnels. Or, les groupements d'employeurs aux yeux de la CDFT au moins, mais des autres aussi, qu'est-ce qu'ils nous amènent ? Ils nous amènent un moyen pour les salariés de lutter contre la précarité. Au lieu d'avoir des petits bouts de travail, on arrive à proposer des vrais parcours professionnels aux salariés à condition, en effet, d'avoir une éthique, d'avoir des valeurs, d'avoir des idées qui soient partagées par l'ensemble des gens qui sont autour de la table, d'où l'importance et moi je le maintiens, d'où l'importance d'être attentif, dans les groupements d'employeurs, à la représentation du personnel parce que sinon, on va droit à des catastrophes qui ne sont voulues par personne mais qui arriveront un jour si l'on n'y fait pas attention.
Alors, moi, je conclurai en disant que les salariés des petites entreprises des secteurs nouveaux doivent avoir les droits, mais aussi des devoirs me diront les uns et les autres, et je suis bien d'accord, les mêmes droits et les mêmes devoirs que les salariés des grandes entreprises et des secteurs historiques.
Pour terminer, je pense que, dans le questionnaire de satisfaction qu'on nous demande de remplir, il est important de cocher que le buffet était bon, mais la ligne la plus importante pour moi, c'est de savoir ce qu'on fait à la dixième rencontre. Pour la dixième rencontre, j'évoque plusieurs pistes possibles : Primo. Améliorer notre réflexion sur la GPEC à travers les mutations économiques, les territoires, et la question du dialogue social. Je ne sais pas comment on maîtrise cette affaire là etc. Secundo, et c'est urgent, voir comment fait-on pour que demain, enfin le 22 novembre de l'année prochaine, dans cette salle là, il y ait un peu plus d'entreprises, parce qu'on a aujourd'hui un problème dans le titre du colloque et la réalité des présents dans la salle. C'est bien que l'on se retrouve ensemble etc…, mais il manque les entreprises dans la salle.
Jean Maillet
Gilles Razat, les entreprises ?
Gilles Razat, coordinateur formation professionnelle, MEDEF
Je pense que l'enjeu de la structuration des entreprises de service est un enjeu majeur. On le voit au niveau du Medef, au niveau national. On l'a vu depuis de nombreuses années, c'était historique, avec le groupement des fédérations industrielles qui regroupait que ce soit la métallurgie, l'ARIA, ainsi de suite. Et depuis deux ans, on voit un nouveau groupement qui s'est créé, celui des agents de services, qui prend de plus en plus de poids au niveau des fédérations des salariés et on voit qu'au niveau des embauches, au niveau national, et notamment sur la région, toutes les entreprises de service prennent de plus en plus de poids. Et à l'intérieur des fédérations de service qui pouvaient déjà exister, toute une série de fédérations sont en train de se créer au niveau national, notamment la fédération d'entreprises de services à la personne, mais d'autres fédérations également, qui ont un enjeu à se structurer au niveau national et également ce seront des objectifs nouveaux pour 2007, au niveau régional. Je crois avoir lu dansl'enquête AMEDIS sur les services à la personne que le secteur des entreprises privées avait progressé, alors, c'est passé de très peu à pas beaucoup, mais en tout cas ça a été multiplié par trois en deux années et on est quelques dizaines d'entreprises surla région.
Donc, c'est vraiment un enjeu majeur. Quand tout à l'heure Gilles Rousselet parlait de négociations au niveau national ou régional dans les entreprises, l'enjeu de la structuration de ce secteur là est un enjeu majeur. Et on voit émerger des groupes, de grosses entreprises pour ne parler que de la plus connue dans ce secteur là qui est ACADOMIA, qui fait partie de la fédération des entreprises de services et qui est cotée en bourse.
Donc on voit pas mal de fédérations qui se créent autour de ça.
A propos des groupements d'employeurs, c'est vrai qu'au niveau de la région Languedoc-Roussillon, on a parlé de Paca ou de Poitou-Charentes, mais il y a d'autres régions comme la Bretagne où les groupements d'employeurs sont beaucoup plus actifs que dans notre région ça commence à évoluer. Nos collègues de l'Union pour les Entreprises des PO sont en projet de créer un groupement d'employeurs interprofessionnel. Pour revenir sur la question soulevée tout à l'heure par Magali Roussel du partenariat entre les branches, les territoires et les branches interprofessionnelles, il y a un groupement d'employeurs qui fonctionne très bien, créé l'année dernière sur Alès, qui est un groupement d'employeurs régional interprofessionnel qui a permis d'embaucher des jeunes en contrat de professionnalisation sur des métiers transverses. Ce groupement d'employeurs s'est créé sans aucune aide d'Etat puisqu'en fait ce sont les entreprises elles-mêmes qui participent au groupement d'employeurs et en termes d'adhésion au groupement. Et il y a quelques dizaines de salariés et même plusieurs dizaines de salariés qui commencent à être regroupés au sein de ce groupement d'employeurs sur Alès.
Ca commence à évoluer mais ce qui est exemplaire dans les PO, c'est la mise en avant par d'autres employeurs de la possibilité de tout ce qui pourrait être fait avec un groupement d'employeurs, parce que le président des confiseries du Tech, qui a initié le GEIQ agroalimentaire dans les P.O. est devenu le directeur général de l'UPE et est en train d'essayer de voir avec nos autres collègues du MEDEF comment on pourrait créer et développer ça sur les différents territoires.
Donc, l'exemplarité, la mise en avant est aussi une des possibilités pour développer les groupements d'employeurs.
Sur la GPEC, je ne vais pas y revenir, je suis globalement d'accord avec tout ce qui a été dit. Un des enjeux majeurs au niveau des territoires, c'est la liaison. Même si Gilles Rousselet a dit que beaucoup de choses au niveau des négociations nationales se retrouvaient ensuite sur le terrain, il reste quelques efforts à faire, parce que nos collègues nationaux ont quand même encore une tendance assez nationale. Depuis la réforme sur la formation, toutes les branches professionnelles doivent mettre en place des observatoires au niveau des territoires, mais, même si on avait pu dire à un moment donné qu'ils seraient territorialisés, régionalisés, voire départementalisés, on voit que ces observatoires restent encore largement au niveau national, mis à part une ou deux branches, notamment le bâtiment.
Donc comment fait-on le lien entre le national, le régional, et surtout le territoire, le local, pour pouvoir développer la professionnalisation des salariés mais également pour aider le chef d'entreprise, avec tous les enjeux qui sont mis en œuvre depuis la réforme de la formation tels que l'entretien professionnel, le DIF…
J'ai animé près de 50 réunions depuis deux ans, deux ans et demi dans la Région, sur la réforme de la formation professionnelle et encore l'année dernière j'ai rencontré beaucoup de TPE qui n'ont pas fait passer l'information sur le DIF, ou très peu, ou le strict minimum, on a encore beaucoup d'efforts à faire là-dessus.
Alors, certainement que les démarches des territoires autour de la GPEC devraient permettre de faire prendre conscience de tout ce qu'il faut faire dans les années à venir pour pérenniser les emplois sur le territoire.
Et pour en venir aux organismes de formation, pas mal d'enjeux là-aussi. J'étais en Lozère il y a encore quelque temps pour parler du contrat en alternance, du contrat de professionnalisation et les entreprises qui étaient là avaient des difficultés des fois pour envoyer des jeunes en formation, parce qu'il y a dans ce département peu de centres de formation et peu de formations différentes qui pouvaient les intéresser l'entreprise, c'était plus des centres de formation généralistes. Cela les oblige à envoyer les jeunes soit sur Montpellier ou Alès ou Nîmes, alors que ça engendre des coûts supplémentaires.
Donc, là aussi comment au niveau de la formation, on peut territorialiser des petits groupes de formation, faire le plus de formations inter-entreprises même si ça se fait déjà pas mal, c'est aussi un champ à explorer car il reste encore beaucoup de choses à faire.
Jean Maillet
Merci Gilles. Jean-Louis Mante.