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Clôture

Jean-Louis Mante, directeur régional délégué à la direction régionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle
Mon intervention tiendra sur un petit papier format A5, Je voudrais vous montrer le mouton que j'ai dessiné et puis voir où sera ce mouton si vous êtes d'accord avec moi le 22 novembre 2007, c'est-à-dire dans 364 jours exactement.
Peut-être parler du pré avant d'évoquer le mouton cette année je n'ai pas eu l'honneur de participer à l'organisation de ces journées parce que j'ai été très occupé par plusieurs dossiers importants car nous sommes à la charnière entre 2006 et 2007, c'est à la fois la négociation des contrats de projets Etat/Région qui va sous-tendre une partie de nos actions sur les 7 ans à venir (ce n'est pas négligeable) et la négociation du programme opérationnel du Fonds Social Européen qui ne sera pas non plus sans incidence sur nos discussions, puisque l'ouverture à l'Est pose effectivement difficulté pour les pays les plus anciens et leurs financements européens sur les sujets qui nous préoccupent aujourd'hui.
Le mouton, (j'allais dire de la corne au gigot) sa colonne vertébrale ou le fil rouge part bien du besoin lorsque l'on est sur les services à la personne, besoin qu'il faut formaliser ensuite sous forme d'une demande et si possible d'une demande solvable.
C'est la première étape.
Ensuite on va passer à l'offre, et c'est là que l'on commence à se poser des questions puisque c'est là qu'intervient notamment la notion de professionnalisation et la qualité du travail. Sous-tendu aux difficultés de recrutement, il y a bien cet élément puisque là on vient plutôt sur les besoins de l'entreprise. Il ne faut pas oublier quand même que ce n'est pas l'Etat qui fabrique les emplois, ni les partenaires qui sont réunis ici.
Le besoin exprimé des entreprises de façon dispersée à l'aune de leur carnet de commande, c'est-à-dire « il me faut un ingénieur pour la semaine prochaine » et puis la concrétisation de cette demande, et derrière toujours le même fil rouge, l'offre… et l'on va retrouver l'offre de formation, le triptyque, Emploi-Compétences-Formation et puis la qualité du travail, et ça c'est sans doute ce qui va tendre l'ensemble du dispositif.
Donc, après la colonne vertébrale, on va passer aux pattes, (l'avantage du mouton c'est qu'il peut en avoir cinq…) et donc là on va avoir un jeu à la fois d'acteurs, de structures et d'outils.
L'Etat dans cette affaire ne peut pas tout faire. Il a un rôle de facilitateur de temps en temps par ses diagnostics. Il montre la voie, les autres la suivent ou prennent un autre chemin plus court ou plus escarpé, peu importe, mais il y a, on le sait dans ce volet des mutations économiques, un effet levier indéniable des politiques de l'Etat qui impulser des actions. L'Europe, la Région, (pas toutes les régions), on revient aussi sur les contrats de projets mais aussi et bien sûr les partenaires sociaux, les OPCA, les organismes de formation, et n'oublions pas l'entreprise puisque c'est quand même, elle, à priori, si je lis le Code du Travail, qui a la charge du financement de la formation de ces salariés.
Pour ouvrir une perspective sur le 22 novembre 2007, je vais vous livrer à partir d'un triple diagnostic partagé avec la Délégation Générale à l'Emploi et la formation professionnelle, les partenaires sociaux dans le cadre du programme opérationnel du FSE et la Région dans le cadre des contrats de projets, un certain nombre de nos priorités pour l'année 2007, et notamment un recentrage vers les territoires.
Nous souhaitons en effet que les territoires puissent jouer un rôle plus important dans cette détermination du besoin. Certes l'on déjà territorialisé les politiques d'emploi, ce n'est pas nouveau. Il y a cependant une émergence qui vient du territoire à géométrie variable puisque quelquefois ça sera le bassin d'emploi, à d'autres ce sera le contour de l'agence locale, celui de la maison de l'emploi, celui de la collectivité territoriale on composera. Mais ce territoire doit être à même de nous aider dans l'émergence des besoins et la solvabilisation de l'offre. On va l'outiller, lui donner des structures sur lesquelles il pourra s'appuyer tout comme les acteurs qui sont ici pour les aider à avancer dans cette problématique. C'est un point important.
Il y a aussi la notion de public. On l'a vu tout à l'heure. Le public demandeur d'une offre en matière d'aide à la personne mais aussi le public salarié qui souhaite augmenter son temps de travail puis la présence effective d'entreprises sur le territoire en question. Le territoire peut avoir des entreprises, s'il n'a pas de salariés, ou de demandeurs d'emplois compétents, il est tout aussi en difficulté.
Nous souhaitons, dans la politique de l'Etat, insister nous sur les premiers niveaux de qualification qui sont un élément à double détente puisque, promouvoir des actions pour ces types de publics favorise dans l'entreprise le dialogue social et l'élévation des compétences. Ceci induit le dialogue social et la négociation dans l'entreprise de cette progression de carrière à partir d'une analyse des compétences. En même temps cela permet l'embauche du demandeur d'emploi local qui n'a pas de problème de logement, et un niveau de qualification qui ne lui permet pas d'entrer dans l'entreprise sur un poste qualifié.
Les seniors n'ont pas été évoqués. Vous savez que c'est une priorité pas simplement nationale mais européenne. Nous sommes en retard sur les autres pays d'Europe. Il suffit de regarder la pyramide des âges pour s'apercevoir que dans notre région de nombreux départements, de nombreux secteurs d'activités vont avoir de gros problèmes dans les années à venir tout simplement pour renouveler non seulement les emplois salariés, qualifiés ou non, mais aussi les successions des chefs d'entreprise, artisans et commerçants qui sont exactement dans la même situation.
Alors, aider les publics ça veut dire aussi les outiller. Alors là je vais citer l'ARACT, l'OREF et le CARIF. Il va falloir qu'ils s'adaptent au contenu du contrat de projets. L'Etat va les solliciter sur des projets qui s'intègrent dans le cadre des mutations économiques. C'est une autre façon de travailler pour ces trois institutions que l'on a déjà vu à l'œuvre et qui devront se porter plus fortement en appui du territoire et puis bien sûr le duo constitué par les OPCA et les organismes de formation dont le rôle a évolué.
Il y a quinze ans, les organismes de formation apportaient leur catalogue aux gestionnaires de la commande publique. Depuis, les choses ont bien évolué et le secteur privé a ouvert la voie. La grande entreprise définit son offre de formation dans un cahier des charges. Et bien pour l'Etat ça a été la même chose avant la décentralisation et l'élaboration du Programme Régional de développement des Formations professionnelles par la Région établit désormais l'offre publique de formation. Les organismes de formation souscrivent aux appels à projets. Mais ce serait leur donner un rôle extrêmement réduit que de se contenter de répondre à une commande publique ou privée. L'action des organismes de formation sur un territoire est à prendre en considération. La structuration de l'offre de formation et la qualité que souhaite le Conseil Régional sur ces organismes de formation retiennent tout à fait la volonté de l'Etat.
Des acteurs, des structures, des outils. Nous allons dans le courant de cette année faire avancer le mouton dans le pré. Je ne sais plus s'il a trois pattes, quatre ou cinq mais je suis persuadé que les politiques menées par l'Etat et la Région, sont tout à fait en phase sur le lien emploi / formation. Nous sommes en ordre de marche et pouvons espérer que notre administration centrale nous accordera les moyens demandés à l'appui de notre plan d'action issu de ce diagnostic.
Nous allons maintenant nous retourner vers les partenaires sociaux, devant la COPIRE et aussi devant le Comité de Coordination Régional Emploi Formation pour savoir si les partenaires partagent les priorités qui sont les nôtres et leur faire adhérer, si possible à nos actions. Cecien jouant si nécessaire sur l'intensité du financement public qui permet dans une fourchette relativement large de dire à nos partenaires, votre projet rentre dans notre stratégie, dans nos orientations et on le finance à 80%, ou alors il ne nous intéresse pas, vous vous débrouillez tous seuls. Je répond à Gilles Rousselet en lui confirmant que ce qui a été réalisé jusqu'à maintenant entre l'Etat, l'Europe et la Région doit continuer et il n'y a pas de raison pour que ça ne se poursuive pas, c'est-à-dire examiner ensemble les projets et pouvoir en déduire une position commune sur leur intérêt pour nos concitoyens et la nécessité de leur apporter des financements publics.
Donc, je vous donne rendez-vous dans 364 jours. Je ne rentre pas dans le détail de tout ce que nous allons faire cette année. Je sais qu'une commande a été passée à Céline Jimenez qui va nous préparer d'ici l'année prochaine une petite bande dessinée, la GPEC, expliquée aux nuls, mais pour le reste on va retravailler un petit peu tout ça.
Jean Maillet
Merci. Je crois que le mot de la fin revient à François Thuile la grande prêtresse de ces rencontres.
Françoise Thuile
Je n'ai pas grand chose à ajouter. Je pense que les débats ont été nourris. En ce qui me concerne j'ai passé une très bonne journée. J'espère qu'il en est de même pour vous.
Effectivement, on se donne rendez-vous l'année prochaine et nous vous tiendrons au courant de ce qui se prépare. Nous aimerions d'ailleurs que vous participiez à cette préparation, et c'est l'occasion de vous rappeler, ou de vous dire, qu'un espace est réservé aux Rencontres sur le site de DIDERIS, dont vous trouverez l'adresse dans le document qui vous a été distribué. Ce serait bien si vous y alliez parce que c'est toujours un peu les mêmes qui écrivent des articles ou qui lancent des idées et finalement on finit par tourner en rond, alors que vous avez plein de choses à dire, vous l'avez montré aujourd'hui, et il y a encore plein de choses à dire et surtout à faire l'année prochaine.
Donc, nous comptons sur votre participation et je vous donne moi aussi rendez-vous dans 364 jours.