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    Le message de la DRTEFP

    Roger Moncharmont, Directeur adjoint du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle

    Le thème des Rencontres, Philippe Augé vient de le dire, est « formation et territoire, un optimisme librement consenti ». Je voudrais peut-être lever un coin du voile sur ce sous-titre un petit peu mystérieux. C’est un clin d’œil, c’est le titre d’un livre d’André STIL qui est mort il n’y a pas longtemps, écrivain et académicien Goncourt. Un gars du Nord, un chtimi qui est venu vivre, écrire et puis mourir en Vallespir, dans ce pays des Pyrénées-Méditerranée dont des représentants sont là aujourd’hui.

    Pourquoi avoir choisi ce titre ?

    Il nous semblait que l’optimisme renvoie à la dimension de projet et d’avenir que portent les territoires. Le « librement » renvoie à la nécessaire autonomie ; autonomie relative mais autonomie nécessaire et souhaitable, et puis « consenti » parce qu’il y a besoin d’accord, il y a besoin de concertation, il y a besoin de coopération. Et donc ces trois mots, nous semble-t-il, posent parfaitement la problématique.

    La question des territoires, on ne la découvre pas cette année. On en est aux 8èmes rencontres, on a souvent rencontré le thème du territoire dans nos travaux, on y est souvent revenu. Alors, on peut se poser la question du pourquoi de Rencontres qui se donnent comme objectif de faire se rencontrer les entreprises et le système de formation ?

    Pourquoi a-t-on au fil des années souvent dérivé vers le territoire ?

    De fait, il faut le reconnaître, nous avons à chaque fois, dans la salle, plus de monde venant des professionnels de la formation que des acteurs de l’entreprise. Il est très difficile pour les acteurs de l’entreprise d’être présents. Ceci dit, il y en a quand même.

    Mais il faut dire aussi que cette rencontre – entreprises et système de formation- pour se produire et pour être fructueuse, a besoin d’un espace public approprié et c’est peut-être les territoires de projets qui constituent cet espace public approprié.

    Aujourd’hui, on va parler du rôle des territoires dans la formation. On n’est pas très loin de la compétence. Nous avons, dans l’équipe organisatrice, et nous, au ministère du travail, la ferme conviction que la compétence n’est pas un simple attribut individuel porté par la personne, ce n’est pas comme une boite à outils que porte le plombier.

    La compétence revêt souvent une dimension collective, elle se rattache souvent à une tradition productive, à une histoire de métiers, à un vivre ensemble. Et c’est ce qui désigne naturellement le territoire pour faire la jonction entre le projet d’avenir qui est en train de naître dans la démocratie participative locale, et la tradition productive, les besoins de formation, qui émergent pour mener à bien ce projet.

    Les entreprises constitueront le deuxième thème de la journée : les actions collectives, les regroupements d’entreprises. Naturellement, je voudrais écarter tout de suite un malentendu. Il ne viendrait à l’idée de personne de penser que les entreprises n’ont comme seul horizon que le territoire sur lequel elles sont implantées. Elles sont naturellement en relation avec le monde entier, à la fois par les mouvements financiers, les flux de technologie, par le marché… Par contre, il y a dans l’activité productive une composante qui est sans doute – au sens chimique du terme- plus « visqueuse », sans doute la plus difficile à déplacer, et ce sont naturellement les hommes et les femmes qui composent le territoire.

    C’est sans doute la raison pour laquelle les entreprises, au-delà des multiples relations qu’elles peuvent avoir avec le monde entier, avec d’autres réseaux, ont un intérêt évident à se regrouper sur une base locale, parce que c’est là que vivent les hommes et les femmes qui représentent une composante importante de leur activité.

    Le terme de ressource humaine est sans doute inapproprié, parce qu’une ressource c’est assez passif et les hommes et les femmes engagés dans l’activité de travail, dans l’activité productive, sont tout sauf une simple ressource : ils sont aussi engagés dans des projets et, sans doute, c’est ce qui fait qu’on ne peut guère employer ce terme.

    Il me semble que les autres acteurs de la formation n’ont pas à craindre que les territoires s’emparent du sujet de la formation. Vous aurez sans doute l’occasion d’approfondir ce sujet aujourd’hui. Ils ont un rôle tout à fait original, qui est justement à la jonction entre le projet d’avenir, la tradition productive et puis les besoins en compétence. Il y a là une place tout à fait particulière et qui ne fait de l’ombrage à personne.

    Je voudrais souligner aussi, ce n’est pas déflorer du tout le sujet, mais je crois que ces Rencontres se tiennent dans un moment particulier puisque la Région est engagée, et ça va se sentir très fortement dans les semaines qui viennent, dans un processus qui va conduire notre région Languedoc-Roussillon à se doter d’un programme régional de développement des formations et où justement vont se croiser à la fois l’expression des branches professionnelles et puis l’expression des territoires.

    Un dernier mot et j’en aurai terminé. Je voudrais simplement attirer votre attention sur la nature des organisateurs de ces Rencontres « entreprise-système de formation ». On n’y prête peut-être pas suffisamment attention. Regardez sur la partie gauche de l’invitation.

    C’est assez étonnant, on y voit se regrouper des organisations paritaires (il y a quatre ou cinq organismes de collecte), des organisations professionnelles patronales, des organisations syndicales, et naturellement les pouvoirs publics sont présents. Je pense qu’est assez remarquable le fait que ces Rencontres n’appartiennent à personne, elles sont le résultat de la libre association d’institutions et d’organismes qui se regroupent pour provoquer ce moment de réflexion et de rencontre.

    Je crois que ce caractère non institutionnel est précieux et qu’il est bien de le conserver. Merci et bonne journée.